[00:01] Introduction – Les garde-corps et la campagne Buildwise
Valerie Thys : Bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast Buildwise en collaboration avec Louwers Mediagroep. Je suis Valerie Thys et aujourd’hui, nous allons parler d’un sujet qui semble particulier. Peut-être moins séduisant que le BIM ou la durabilité, mais auquel chaque entrepreneur, architecte et menuisier est confronté chaque semaine : les garde-corps. Quand une fenêtre suffit-elle à assurer une protection contre les chutes et quand est-ce que ce n’est pas le cas ? Quelle est la hauteur correcte d’un garde-corps ? Et comment le fixer sur une toiture plate sans endommager l’étanchéité ? Et quelles sont les prescriptions techniques dont il faut tenir compte ? Buildwise, le centre d’innovation et de recherche pour le secteur de la construction, lance cette année une campagne spécifiquement consacrée aux garde-corps. Et ce n’est pas un hasard. La réglementation est en cours de révision et de nouvelles prescriptions techniques sont disponibles. Mon invité aujourd’hui est Romain Durvaux, spécialiste en vitrerie, animateur du comité technique Vitrerie chez Buildwise et qui a contribué à l’élaboration du nouveau guide de Buildwise consacré aux garde-corps. Romain, bienvenue.
Romain Durvaux : Merci Valerie.
[01:10] Le choix des garde-corps comme thématique prioritaire
Valerie Thys : Alors, chaque année, Buildwise met en avant plusieurs thématiques auxquelles nous allons adhérer aujourd’hui dans le secteur de la construction. Cette année, c’est une thématique qui tourne autour des garde-corps qui font partie de ces sujets retenus. Pourquoi avoir choisi de mettre ce thème aujourd’hui en évidence ?
Romain Durvaux : Alors, la raison, elle est surtout très pratique. Donc, à première vue, un garde-corps, ça paraît assez simple comme ça. Mais chez Buildwise, en fait, nous recevons énormément de questions. Donc, quand faut-il une protection contre les chutes ? Quelle hauteur prévoir ? À partir d’où faut-il la mesurer ? Et comment prouver que le garde-corps est assez solide ? Et donc, en plus, la norme sur les garde-corps de bâtiments a été révisée. Donc, c’était le bon moment pour reprendre les règles et les rendre plus claires et plus faciles à appliquer, aussi bien pour les concepteurs que pour les entreprises.
[02:03] Les fenêtres, la protection contre les chutes et les normes applicables
Valerie Thys : Alors, on va parler de plusieurs thèmes. J’aimerais commencer par le premier, les normes et les hauteurs, naturellement. Alors, commençons par le début. Lorsqu’une fenêtre descend jusqu’au sol ou qu’elle présente un appui de fenêtre qui est peut-être un peu bas, dans quel cas faut-il alors prévoir un garde-corps ?
Romain Durvaux : La règle de base est assez simple. Dès qu’il y a une différence de hauteur d’au moins 1 mètre entre le niveau du sol fini et le terrain, ou alors la toiture ou une autre surface qui est en contrebas, il faut limiter le risque de chute. Ça ne veut pas forcément dire qu’il faut toujours ajouter un garde-corps devant la fenêtre. Parfois, la menuiserie peut simplement assurer cette protection, mais elle doit respecter les exigences de hauteur, de résistance au choc, et alors il y a aussi des exigences au niveau du vitrage. Et alors, si ces exigences ne sont pas respectées, alors il faut prévoir un garde-corps supplémentaire.
Valerie Thys : D’accord. Il y a naturellement des normes : la norme relative aux garde-corps des bâtiments, la norme relative aux menuiseries. Est-ce que tu peux nous expliquer dans quel cas ces normes s’appliquent précisément et quel est leur rôle respectif ?
Romain Durvaux : On peut résumer comme ceci. La norme, la NBN B 25-002-1, elle concerne la menuiserie extérieure. Donc, si la fenêtre ou le vitrage fixe sert lui-même de protection contre les chutes, c’est d’abord cette norme qu’on regarde. Elle fixe notamment les exigences pour la hauteur de protection, la résistance au choc. Et si la menuiserie ne peut pas assurer cette fonction de sécurité et qu’il faut ajouter un garde-corps séparé, alors on va dans la norme NBN B 03-004 sur les garde-corps de bâtiments. Donc, cette norme-là, elle va traiter entre autres de la hauteur, de la géométrie du garde-corps, mais également des charges et des essais qu’on applique sur celui-ci.
[03:46] Les fenêtres verrouillables et les limiteurs d’ouverture
Valerie Thys : Alors, je suis sûre que pour les experts, tout est clair, mais il y a quand même certaines exceptions. Dans certains cas, une fenêtre équipée d’une poignée verrouillable ou un limiteur d’ouverture peut suffire. Mais il y a quand même cette idée. Alors, quand est-ce que ça suffit ? Quand est-ce que c’est autorisé ? Et il faut être attentif à quoi ?
Romain Durvaux : Donc, effectivement, c’est possible, mais seulement à certaines conditions. Donc, une fenêtre ouvrante peut parfois être considérée comme non ouvrante si elle est verrouillée à clé pendant l’utilisation normale ou si elle possède un limiteur d’ouverture adapté. Donc, la clé doit en principe être réservée aux personnes chargées de l’entretien et celles-ci doivent utiliser les équipements de protection nécessaires quand elles ouvrent la fenêtre. Donc, dans une maison unifamiliale, on déconseille plutôt cette solution parce qu’elle dépend beaucoup du bon usage de la clé ou du limiteur. Et donc, elle convient mieux à des bureaux, des maisons de repos par exemple, où les utilisateurs et l’équipe d’entretien sont clairement séparés.
[04:39] Les hauteurs minimales et leur méthode de mesure
Valerie Thys : Lorsqu’un garde-corps est nécessaire, il faut naturellement déterminer la hauteur adéquate. Alors, dans la pratique, la réponse semble quand même un tout petit peu moins évidente qu’on pourrait le penser. Quelles sont les règles de base ?
Romain Durvaux : Pour un garde-corps mince, la hauteur minimale habituelle est de 1,10 m. Donc, à partir d’une hauteur de chute de 12 mètres, là on passe à 1,20 m. Mais il y a tout de suite des nuances. Pour un garde-corps plus épais ou avec une certaine partie saillante, la hauteur peut être évaluée autrement parce que des éléments rendent le basculement plus difficile. Le point essentiel est toujours de regarder à partir de quel niveau une personne peut réellement se tenir debout, s’asseoir ou s’agenouiller. Et la mesure prise uniquement depuis le sol ne raconte donc pas toujours la même histoire.
Valerie Thys : D’accord. Alors, comment mesurer concrètement la hauteur de protection ? Est-ce que tu peux nous donner par exemple un exemple concret ?
Romain Durvaux : Dans le cas le plus simple, on mesure verticalement depuis le niveau du sol fini, sur lequel la personne se tient debout, jusqu’au niveau du garde-corps ou de la main courante. Si on prend par exemple un balcon avec un garde-corps mince et une hauteur de chute inférieure à 12 mètres, il faut au moins 1,10 m depuis le niveau du sol fini. Mais si, par exemple, juste à côté, il y a un petit relevé bas qui est assez large sur lequel on peut monter, alors ce relevé, dans certaines conditions, peut devenir le nouveau niveau de référence et alors il faudra vérifier la hauteur par rapport à ce niveau plus élevé.
[05:57] Les erreurs fréquentes et les zones de stationnement
Valerie Thys : Faire des erreurs, ça peut arriver, mais quelles sont les erreurs les plus fréquentes que vous constatez sur les chantiers lorsqu’il faut déterminer naturellement ou contrôler cette hauteur ?
Romain Durvaux : L’erreur la plus fréquente, c’est de mesurer depuis le niveau du sol jusqu’au sommet et de conclure : on est à 1,10 m, donc tout va bien. La norme tient aussi compte des zones de stationnement, c’est-à-dire des surfaces sur lesquelles on peut se tenir ou prendre appui. Donc, en principe, un élément situé jusqu’à 45 cm du sol peut servir de marchepied, donc par exemple une large tablette de fenêtre ou un habillage de radiateur. À partir de 30 cm de largeur, on considère qu’on peut s’y tenir de manière stable. Mais une surface plus étroite peut aussi compter si on sait s’y maintenir avec un appui. Donc, les surfaces où on peut s’asseoir ou s’agenouiller, entre 45 et 60 cm de haut, peuvent également influencer la hauteur nécessaire. Il faut donc regarder l’ensemble de la situation, pas seulement le garde-corps.
[06:50] L’influence des rénovations sur la hauteur de protection
Valerie Thys : Alors, il y a naturellement un risque qui existe, qui est assez particulier, c’est quand on fait des rénovations. La pose d’un nouveau revêtement de sol ou le rehaussement du niveau du sol peut réduire la hauteur de protection effective d’un garde-corps existant. Qu’est-ce qu’on fait dans ce cas-là ?
Romain Durvaux : Il faut refaire le contrôle dans la situation après travaux. Donc, si on rehausse une terrasse de quelques centimètres ou qu’on pose un nouveau revêtement sur l’ancien, la hauteur de protection effective de l’ancien garde-corps diminue. Et donc, un garde-corps qui était conforme avant les travaux peut devenir trop bas. Il faut toujours mesurer à partir du nouveau niveau fini. Et si la hauteur n’est plus suffisante, il faut adapter le garde-corps ou ajouter une protection contre les chutes.
[07:28] Les exigences géométriques et les dimensions des ouvertures
Valerie Thys : On a parlé des normes et des hauteurs. Passons maintenant aux exigences techniques de construction. Alors, le garde-corps ne doit pas seulement être assez ou suffisamment haut, il doit aussi également répondre à plusieurs exigences techniques, notamment en ce qui concerne les dimensions des ouvertures ou l’espacement entre les barreaux. Quelles sont les règles de base et quels éléments faut-il vraiment garder dans cette mesure ?
Romain Durvaux : La géométrie sert surtout à éviter deux choses. La première, c’est qu’une personne puisse passer à travers le garde-corps. Et la deuxième, c’est que la partie basse soit facile à escalader. Donc, jusqu’à 45 cm au-dessus d’une zone où l’on peut se tenir, les ouvertures sont fortement limitées. Entre les barreaux verticaux, l’ouverture libre est au maximum de 11 cm et cette dimension évite notamment qu’un enfant puisse passer la tête et rester coincé. Et donc, plus haut, au-dessus de 45 cm, l’ouverture admise peut aller jusqu’à 18 cm entre barreaux verticaux. Pour les éléments horizontaux ou inclinés, les règles sont plus strictes parce que justement il peut y avoir une sorte d’échelle qui favorise l’escalade. Et donc, pour les autres remplissages, alors là on utilisera des gabarits pour vérifier les ouvertures. Il n’y a donc pas une seule maille valable partout, tout dépend de la forme et de la position du remplissage.
[08:48] La conciliation entre les choix architecturaux et les règles de sécurité
Valerie Thys : Alors, chez Buildwise, vous avez aussi constaté qu’il y a quand même des souhaits différents entre les architectes et les maîtres d’ouvrage. Parfois, il y a des conflits avec les exigences de sécurité. Alors, peux-tu nous donner un exemple ? Comment un architecte peut-il contribuer à trouver des solutions conciliant l’aspect visuel, créatif et la protection ?
Romain Durvaux : Alors, un exemple classique, c’est la volonté d’avoir un garde-corps très ouvert et très minimaliste, avec par exemple des câbles horizontaux et des grandes ouvertures. Donc, visuellement, ça peut être très réussi, mais dans les 45 premiers centimètres, la norme veut justement éviter qu’on puisse facilement grimper ou passer une partie du corps à travers. Donc, l’architecte garde quand même une vraie marge de manœuvre. On peut utiliser des éléments verticaux, du verre, un remplissage plus fin dans la partie basse ou faire commencer les parties ouvertes plus haut. Le plus important, c’est d’intégrer les règles de sécurité dès le début du projet et on arrive alors souvent à une bonne solution esthétique sans devoir ajouter un dispositif de secours à la fin.
[09:44] La démonstration de conformité par calculs et essais
Valerie Thys : D’accord. Maintenant, une fois que ce garde-corps est conçu, il faut démontrer qu’il répond aux exigences naturellement. Comment est-ce qu’on peut faire cela et quelles sont les différentes méthodes possibles ?
Romain Durvaux : Alors, la norme, elle regarde à la fois la réaction et la stabilité, mais aussi le comportement en usage normal. Donc, en calcul, on parle d’état limite ultime, où on veut éviter la rupture ou la perte d’équilibre, et l’état limite de service, où on limite les déformations. Et donc, dans beaucoup de cas, on peut démontrer la conformité par calcul. Et si le système est vraiment trop difficile à calculer de manière fiable, alors on peut passer par des essais. Et en plus de ça, il y a aussi un essai dynamique appelé l’essai de choc mou, donc avec un double pneu qui vient percuter le garde-corps. Ce double pneu fait plus ou moins 50 kg. Et on vient percuter justement le garde-corps aux endroits les plus défavorables, donc soit au milieu du remplissage, au niveau d’un montant, près d’une liaison, et par exemple pour les garde-corps en verre encastré en pied, on va percuter au niveau de l’angle supérieur. Donc, l’idée, vraiment, c’est de tester le système là où il est le plus vulnérable.
[10:42] La note d’information technique et le guide pratique de Buildwise
Valerie Thys : Maintenant, dans votre nouvelle note d’information technique que vous offrez aux entrepreneurs et aux menuisiers, vous leur donnez une aide pour effectuer ces calculs. Alors, est-ce que tu peux nous expliquer exactement ce que vous avez développé ?
Romain Durvaux : Alors, notre objectif, c’est surtout de faire le lien entre les exigences assez abstraites de la norme et les questions qui se posent concrètement dans un projet. Donc, la norme, elle précise les charges et les critères. La note d’information technique, elle montrera plutôt comment les appliquer en pratique et quels éléments il faut dimensionner. Donc, pas uniquement les montants ou le verre, mais aussi les assemblages, les ancrages. Et pour les systèmes qu’on ne peut pas facilement calculer, les essais restent bien sûr possibles. Et alors, en plus de la note d’information technique, nous avons un guide pratique qui reprend les questions les plus fréquentes pour qu’on puisse rapidement repérer les points à vérifier dans un projet.
[11:33] Les exigences de sécurité et la composition des garde-corps vitrés
Valerie Thys : Maintenant, on a parlé des garde-corps en général. Passons plus spécifiquement aux garde-corps vitrés. Ils sont très populaires depuis un certain temps, mais tous les types de verre ne conviennent naturellement pas à cet usage. Quelles sont donc les exigences d’une part et quelle doit être la composition du vitrage ?
Romain Durvaux : Quand le verre fait partie de la protection contre les chutes, il faut impérativement utiliser du verre feuilleté de sécurité. Donc, il est composé d’au moins deux feuilles de verre qui sont reliées par une ou plusieurs couches d’intercalaires. Alors, si le verre casse, cet intercalaire, justement, permet que les morceaux restent collés ensemble et que la vitre ne tombe pas directement en morceaux. Donc, le garde-corps conserve une certaine protection même après la casse. La norme demande une classification de sécurité 1B1. Et en revanche, on ne peut pas donner une épaisseur valable dans tous les cas. Donc, elle dépend des dimensions, du type de fixation et des charges. Donc, avec des fixations ponctuelles ou des charges plus élevées, on peut parfois passer à des feuilles de verre durcies ou trempées, mais le vitrage doit quand même rester feuilleté.
[12:37] Les défauts des vitrages et les critères de remplacement
Valerie Thys : Ce vitrage et ces garde-corps vitrés sont exposés aux conditions naturellement extérieures. Donc, avec le temps, il y a la dégradation, des décolorations ou encore des délaminations qui peuvent apparaître. Quels sont les problèmes les plus fréquents et à partir de quel moment faut-il donc remplacer ce garde-corps vitré ?
Romain Durvaux : Alors, on voit beaucoup de rayures, des éclats au niveau des bords ou des phénomènes optiques tels que des distorsions, des blanchiments en périphérie ou de la délamination. Mais un défaut visible ne veut pas automatiquement dire que le vitrage est dangereux ou qu’il faut le remplacer. Donc, par exemple, une légère opacification sur environ 25 mm à partir du bord, c’est admis. Étant donné que le PVB, donc l’intercalaire entre les feuilles de verre, est sensible à l’humidité, donc, si ce PVB prend l’humidité, on peut avoir un blanchiment. Si celui-ci est inférieur à 15 mm du bord, on peut également l’accepter. Et donc, c’est pour ça que l’utilisation d’une main courante sur le bord supérieur peut protéger justement le PVB et éviter ces désagréments. Si par contre, on n’a pas cette lisse et que le blanchiment progresse au-delà, par exemple, des 15 mm du bord et que ça dépasse les tolérances, ou ça risque d’affecter la résistance et la protection résiduelle, il faut rechercher les causes et un remplacement peut devenir nécessaire. Donc, en résumé, il faut d’abord distinguer un simple problème technique d’un problème qui touche réellement à la sécurité.
[14:03] Les fixations, les ancrages et la transmission des efforts
Valerie Thys : Alors, Romain, si c’est bon pour toi, j’aimerais avoir un petit point d’attention naturellement concernant la fixation, parce qu’un garde-corps, ça peut parfaitement être dimensionné et malgré tout présenter un risque s’il n’est pas correctement fixé. Alors, où les problèmes peuvent-ils apparaître ?
Romain Durvaux : Effectivement, la fixation, c’est le dernier maillon dans la transmission des efforts, mais c’est un maillon qui est essentiel. Un garde-corps qui est parfaitement calculé ne sert à rien si les forces n’arrivent pas à la partie porteuse du bâtiment. Les problèmes apparaissent par exemple quand on ancre trop près du bord du balcon ou dans une maçonnerie de parement qui n’est pas porteuse ou dans un support qu’on ne connaît pas. Donc, il faut vraiment voir le garde-corps comme un système complet avec le remplissage, les montants, les ancrages et le support du bâtiment.
Valerie Thys : Alors, comment résoudre ces difficultés dans le cas d’un mur creux ou lorsque le garde-corps est fixé directement sur la menuiserie extérieure ?
Romain Durvaux : Dans un mur creux, les efforts doivent être transmis au mur intérieur porteur ou dans un autre élément structurel. On ne peut pas simplement ancrer le garde-corps dans la maçonnerie de parement. Même si la fixation paraît assez solide au départ, l’expérience montre qu’elle n’est pas fiable à long terme. Et en plus de ça, la norme sur les garde-corps ne l’autorise pas. Avec une façade en ETICS, avec un enduit sur isolation extérieure, il faut des éléments de montage spécifiques ancrés assez profondément dans le support porteur. On peut aussi se fixer sur la menuiserie extérieure, mais alors dans le cadre dormant. Et tout le système doit être correctement dimensionné ou testé. En pratique, on utilise souvent une solution validée par le fabricant, avec par exemple des renforts supplémentaires.
[15:34] Les garde-corps sur toitures plates et la préservation de l’étanchéité
Valerie Thys : Alors, on a parfois aussi des toitures plates, et lorsqu’on installe un garde-corps sur un toit plat, plusieurs points nécessitent naturellement une attention particulière. Un, il faut assurer l’ancrage. Et deux, il faut préserver l’étanchéité naturellement de cette toiture. Alors, comment est-ce qu’on peut concilier ces deux exigences ?
Romain Durvaux : Effectivement, il faut résoudre deux choses en même temps. Le garde-corps doit être structurellement fiable et l’étanchéité de la toiture doit rester intacte. Donc, la meilleure solution, c’est de ne pas percer l’étanchéité, par exemple avec une structure stabilisée par un contrepoids. Si ce n’est pas possible, on préfère une fixation sur la face extérieure du relevé ou une traversée dans le plan vertical plutôt qu’une fixation sur le dessus. Une perforation horizontale, en effet, est beaucoup plus difficile à rendre durablement étanche. Le relevé d’étanchéité doit aussi être suffisamment haut, donc en général 15 cm au-dessus du niveau fini de la toiture. Et pour une terrasse à joints ouverts, comme par exemple des dalles sur plots, le relevé doit rester au moins 5 cm au-dessus du revêtement. Il faut, en plus de tout ça, préserver la continuité de l’isolation thermique et le drainage des montants creux. Donc, tout ça, il ne faut pas repartir de zéro. Donc, la banque de détails qui est disponible sur le site de Buildwise propose des solutions concrètes pour ce type de raccord.
[16:49] Les règles spécifiques aux escaliers et aux paliers
Valerie Thys : On est presque arrivé à la fin de cet épisode. On va parler encore des escaliers et des paliers. Alors, des règles spécifiques s’appliquent aux escaliers et diffèrent un peu de la norme générale relative aux garde-corps. Quelles sont les principales différences ?
Romain Durvaux : Dans un escalier, la hauteur se mesure autrement que sur un sol horizontal. On mesure verticalement depuis le nez de la marche jusqu’au-dessus de la main courante, avec un minimum normalement de 90 cm. Et sur un palier, on revient aux règles générales. Donc, pour un garde-corps mince, c’est 1,10 m dans une situation courante et 1,20 m quand la hauteur de chute atteint au moins 12 m. Les règles sur les ouvertures sont aussi un peu adaptées pour les escaliers, puisque la géométrie suit la pente.
Valerie Thys : D’accord. À quels éléments faut-il être particulièrement attentif au niveau des escaliers et des paliers ?
Romain Durvaux : Il y a quelques points clés. Entre les éléments verticaux d’une rampe, l’ouverture est limitée à 11 cm. Entre les éléments parallèles à la pente, on peut aller jusqu’à 18 cm. Pour un escalier sans limon, il faut que l’espace entre le nez de la marche et la lisse inférieure soit inférieur à 5 cm. Sur le palier, le garde-corps qui prolonge la rampe doit à nouveau respecter les règles générales de hauteur et d’ouverture. Enfin, il faut bien traiter du raccord entre la main courante de l’escalier et le garde-corps du palier pour éviter justement des interruptions ou des zones ouvertes.
[18:09] Les publications et les ressources complémentaires de Buildwise
Valerie Thys : Alors, Romain, merci de nous avoir guidés dans l’univers des garde-corps et d’avoir passé en revue avec nous tous les différents points d’attention. Où est-ce que nos auditeurs peuvent encore trouver davantage d’informations ?
Romain Durvaux : Pour aller plus loin, il y a d’abord cette nouvelle note d’information technique sur les garde-corps vitrés. Elle aborde beaucoup plus en détail leur conception, leur dimensionnement et leur mise en œuvre. Nous avons également publié un guide pratique qui répond aux 10 questions les plus fréquentes sur les garde-corps. C’est déjà un bon point de départ quand on cherche rapidement une réponse concrète. Vous trouverez tout cela sur notre site internet buildwise.be. Il suffit d’y rechercher garde-corps pour retrouver la campagne et les publications associées. Vous pouvez également utiliser Toolly, notre plateforme d’intelligence artificielle pour le secteur de la construction qui reprend les connaissances techniques des publications Buildwise.
[18:58] Conclusion de l’épisode
Valerie Thys : Merci beaucoup, Romain. Ceci conclut ce podcast. Merci aussi pour votre attention et à très bientôt pour un prochain épisode.
Romain Durvaux : Merci, au revoir.
